Gagnoa : Abel Djohoré réagit à l’affaire ‘’Kanégnon’’
Que signifie ‘’Kanégnon ‘’ en langue Bhété ? Est-ce la bravoure ou la générosité ? A cette question, Abel Djohoré, cadre de la cité du fromager a répondu pour que les locuteurs évitent toute confusion de sens.
Prenant à témoin les ‘’gardiens du temple’’ que sont les anciens, Djohoré affirme haut et fort que le terme ‘’Kanégnon’’ renvoie à un homme courageux, brave. « Le kanégnon, c’est le rempart, celui qui sort son peuple d’une situation calamiteuse », a défini Djohoré le mot. Déconstruisant ainsi la thèse selon laquelle le Kanégnon est un homme généreux.
« Loin de moi l'idée de créer la polémique », a-t-il précisé.
« Mais pour la postérité et pour ne pas être complice de l'acculturation et du galvaudage de ce qui est l'essentiel d'une langue, je m'interroge et j’interroge la conscience collective, nos anciens qui ont encore la chance d'être parmi les vivants », a déclaré le PCA de l’AIGF.
Il fait savoir que par nature, le Bhété est généreux. Toutefois, poursuit-il, cette générosité ne fait pas forcement de tout Bhété un kanégnon.
« Par devoir de reconnaissance à un individu, pour service rendu, on ne peut pas l’appeler kanégnon. On peut l’appeler comme on veut mais pas kanégnon. Une générosité, de surcroit intéressée, ne fait pas de quelqu’un kanégnon. On ne peut l’accepter. Arrêtons le jeu des mots. Celui qu’on veut faire croire pour un kanégnon ne l’est pas », a tapé Djohoré, du point sur la table sans toutefois nommer celui à qui il fait allusion.
Le vrai et le faux Kanégnon
« Pour ma part, je maintiens qu'aucun acte de reconnaissance ne peut justifier l'acculturation d'un peuple. Nous n’allons pas nous associer à ceux-là pour aliéner notre culture et notre jeunesse. On ne sait pas quel acte de bravoure il a posé pour qu’on puisse lui attribuer ce qualificatif de kanégnon », a souligné le PCA.
Reprochant à celui qu'il appelle le « soit-disant kanégnon » de n’avoir jamais répondu présent pendant heures chaudes de l’histoire socio-politique de sa région.
« Quand Gagnoa était secoué, le soit-disant kanégnon était ailleurs. Pendant toutes les crises politiques et sociales, on n’a pas vu le soit-disant kanégnon aux côtés des populations, pour sauver le peuple Bhété » a soutenu Djohoré sous forme de reproches.
« Le seul kanégnon dans le peuple Bhété, c’est Djohoré. C’est nous qui devons revendiquer ce terme », a-t-il craché sa part de vérité.
Signalons que Abel Djohoré était précédemment PCA de la Sodexam avant de venir exercer la même fonction à l’AIGF. Au plan politique, il fut élu par deux fois, député de Ouragahio-Bayota. Actuellement, il gère cette circonscription sous la caquette de secrétaire départemental RHPD, son parti politique.
Lyne Zahui / © Gagnoa.net
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